Ouvrir ou fermer : telle est la question.

Distinguer l’essentiel du moins essentiel est un exercice particulièrement compliqué en matière de commerce.

Bien évidemment, il y a eu une part d’incohérences dans les décisions, et c’était inévitable. Le gouvernement cherche à diminuer les interactions sociales. Pour ce faire, il décide d’interdire à la vente certains produits.

Il se heurte alors à une difficulté. Le même type de produit peut être en vente spécialisée quelque part, ce qui permet de fermer le magasin, mais être proposé ailleurs au milieu d’autres choses qui ne sont pas interdites à la vente. Dans ce dernier cas, il n’y a que trois solutions concernant les grandes surfaces.

Premièrement, accepter que tous les produits y soient vendus, mais c’est insupportable pour ceux qui ont dû fermer boutique. Légalement et moralement, ça ne tient pas la route.

Deuxièmement, décider qu’à partir du moment où un produit interdit est en vente, on ferme la totalité du magasin. Qui peut imaginer que toutes les grandes surfaces soient fermées et que les Français ne puissent compter que sur leurs épiceries de quartier pour se nourrir ?

Il ne reste que la troisième solution, s’en tenir à l’interdiction par produit, ce qui amène à fermer dans un même lieu certains rayons et pas d’autres.

Cette dernière solution, choisie par le gouvernement, est certainement loin d’être parfaite. Mais si l’on accepte d’analyser la situation dans sa globalité, elle apparaît comme la meilleure. Si vous ne regardez que les grandes surfaces, alors vous ne trouvez aucune
raison médicale de fermer certains rayons et pas d’autres. Mais si vous prenez en compte le risque de transmission dans les petits commerces, la décision fait sens.

Certains ont pinaillé sur la liste des produits. Je leur propose de travailler à la constitution de la liste parfaite, celle qui permettra d’interdire les produits dans une totale cohérence. Voilà qui devrait occuper les râleurs pendant quelques dizaines d’années.