Sécuriser le stock de masques

Si on ne veut pas se retrouver de nouveau démunis face à la prochaine épidémie, il va falloir gérer le stock national de masques autrement plus efficacement.

Qu’auraient pu faire les soignants s’ils n’avaient plus du tout disposé de masques mettables  ? Auraient-ils dû entrer dans les chambres des malades avec des masques devenus aussi dangereux à réutiliser que s’ils n’en avaient pas porté ?
Il faut être conscient que nous ne sommes pas passés bien loin du moment où la situation serait devenue humainement épouvantable pour les soignants.
C’est pourquoi nous devons désormais considérer comme des biens vitaux les masques, les gants, les surblouses, les charlottes, les lunettes, bref, tout ce qu’on désigne sous le terme d’équipement de protection individuelle (EPI). Leur commerce doit être régulé. L’importation doit être interdite tant que le quota annuel de sortie du stock national n’est pas atteint. Ils doivent échapper au fonctionnement normal du marché. Le Code de la santé doit l’emporter sur le Code du commerce.

Il faut imposer cette règle à autant de clients potentiels que nécessaire : hôpitaux et cliniques, soignants en libéral, établissements médico-sociaux et magasins de bricolage s’il le faut. En pratique, il s’agit d’imposer l’achat auprès de fournisseurs agréés et de mettre en place des contrats garantissant que ces fournisseurs commanderont suffisamment d’équipements pour renouveler régulièrement le stock national. Le stock tournant doit pouvoir tourner, c’est une question de vie ou de mort.