Mauvaise évaluation du risque (1)

Les médecins français n’ont pas vu venir la dangerosité du virus avant début mars 2020. Voici un rappel de quelques déclarations.

Un chef de service de maladies infectieuses et tropicales déclarait le 17 février 2020 (un mois avant le premier confinement) :

Il va se répandre très lentement dans le monde et comme il n’est pas particulièrement pathogène contrairement à ce qu’on dit, ça va passer en douceur et on ne va peut-être même pas s’en rendre compte.

Puis le 25 février :

Au jour d’aujourd’hui, on peut difficilement parler d’épidémie, alors qu’on n’a même pas de nouveaux cas en France. Il ne faut pas aller plus vite que la musique.

Un chef du service des urgences de réanimation déclarait le 6 mars :

Il est prévisible qu’il y aura davantage de cas demain, et encore plus après-demain, et ce, pendant au moins plusieurs semaines voire un peu plus. […] Il faudrait donc commencer à relativiser les choses…On est dans un système qui commence à basculer assez dangereusement vers une sorte de désorganisation parce que vraiment parfois on en fait trop.

Le 16  mars, il déclare, parce que les masques commencent à manquer :

La France est un pays sous-développé en matière de santé.

En dix jours, il est passé du « on en fait trop » à « on est sous-développé ». Voilà qui mériterait, non pas une autocritique, car cette mauvaise évaluation de la situation début mars est explicable et largement partagée, mais un peu moins de propos ultérieurs systématiquement agressifs vis-à-vis du gouvernement.